Il faut de l’ordre dans la vie

Je m’efforce, je progresse, je défriche, j’explore l’idée des représentations artistiques de l’ordre, de ce qui ne fait pas « brouillon », de ce qui suscite l’approbation ou son contraire, notions profondément subjectives dont l’évolution est la matière même de l’histoire de l’Art.

Ces questions de l’ordre, du désordre, du brouillon, de l’oeuvre définitive sont liées à celles de la trace.

Notre empreinte écologique est de plus en plus lourde et tel un indien d’Amérique, j’aimerai laisser le moins de traces possibles.
 
En même temps, en tant qu’Artiste, laisser une trace n’est-il pas un impératif dans notre monde ?
 
Et si le point de friction entre l’artiste qui se doit de laisser une trace, tout en en laissant le moins possible, rejoignait la question du brouillon, des excréments et de la gomme ?
 
Que viennent faire les excréments dans cette problématique ?
 
Il me semble qu’entre l’Art et le secret des passerelles se sont élancées au fil des temps.
 
Le secret vient du latin : secretum, l’adjectif provient de secretus, participe passé du verbe secerno, dont la signification est : séparer, mettre à part.
 
Secerno se décompose en un préfixe se, indiquant la mise de côté, et un suffixe cerno qui est la racine du mot secret. Cerno signifie cribler, dans le sens de passer au crible, c’est-à-dire tamiser le grain pour séparer le bon grain du résidu (ou criblure), qui se dit en latin excrementum, si bien que :
  • excerno renvoie à l’action de cribler, d’évacuer et a donné excrément ;
  • secerno, qui signifie séparer, mettre à part, a fourni au français secret et sécrétion.

« Séparer le bon grain de l’ivraie » et « Cerner » dont l’approche concentrique permet d’estimer une situation sans bondir vers des conclusions hâtives ne sont-ils pas une part du processus artistique et du brouillon ?

genèse
Genèse – Encre sur papier Fabriano – 80×120 cm